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Publié le 21 octobre 2021

[Témoignage] Dr Elsa D. Médecin généraliste

La première session de formation consacrée au repérage et à l’évaluation précoces des troubles neurocognitifs en médecine générale vient de se terminer. Nous en avons profité pour discuter avec l’une de nos apprenantes, le Dr Elsa D., médecin généraliste depuis 22 ans qui exerce en maison médicale de garde depuis une dizaine d’années.

Qu’est-ce qui vous a poussé à suivre cette formation, aviez-vous un besoin spécifique ?

Oui, le phénomène sociétal fait qu’il y a de plus en plus de personnes âgées et c’est une manière pour moi de connaître ce qui a changé dans la prise en charge, de savoir ce que je peux faire en plus dans ma pratique actuelle et d’identifier les autres acteurs pour aider mes patients.

Une autre raison, plus personnelle, c’est que je souhaite faire beaucoup plus de visites à domicile justement pour répondre aux besoins de cette patientèle. Le vieillissement de la population fait que cela devient une nécessité absolue d’adapter sa pratique.

A chaud, qu’avez-vous penser de la formation ?

J’ai trouvé la formation au repérage précoce des troubles neurocognitifs très adaptée. D’un point de vue personnel, j’aime beaucoup le format présentiel mais j’ai également apprécié les webinaires car ils étaient également adaptés à mon emploi du temps. La partie présentielle était très bénéfique. Les temps d’échanges étaient de qualité et le fait d’être en petit groupe nous a donné la sensation d’avoir un cours privé. Nous avons pu poser toutes nos questions, partager nos expériences, les valider ou les invalider, c’était vraiment très appréciable.

Pensez-vous qu’en sortant de cette formation, vous serez en capacité de faire évoluer votre pratique ?

Oui c’est assez immédiat car il y a des messages clés sur lesquels les intervenants ont vraiment insisté tout au long des sessions et qui sont maintenant bien assimilés alors qu’ils ne faisaient pas partie de ma pratique.

Un exemple très concret, arrêter de prescrire certains médicaments qui ont plus d’effets secondaires négatifs que positifs. Les intervenants nous ont donné une boîte à outils pour pouvoir repérer ces troubles neurodégénératifs et ça c’est vraiment « imprimé » dans ma tête.

Ils ont su lever nos appréhensions sur le temps que prennent ces actions en nous donnant des tests concrets et rapides à mettre en place en 2 ou 3 minutes et qui s’intègrent parfaitement dans une consultation en cabinet.

La valeur ajoutée de cette formation, ce sont ses outils de travail et messages clés pragmatiques qui peuvent être tout de suite mis en pratique.

>> En savoir plus sur les objectifs de cette action DPC élaborée en soutien du Plan National des maladies neurodégénératives

Que diriez-vous à un de vos confrères qui hésite à suivre cette formation ?

Tout d’abord, je lui dirais que ce sujet est une priorité dans le futur proche par rapport à la population vieillissante.

Ensuite, que la formation enlève énormément de préjugés que l’on peut avoir sur la prise en charge de ces maladies. On fait beaucoup de prévention dans d’autres domaines comme le diabète ou l’obésité mais peu de repérage alors que c’est le repérage qui permet ensuite d’agir vite. On ne peut pas éviter que les gens aient des troubles cognitifs mais, par contre, on peut les détecter beaucoup plus tôt et mettre en place des actions à un stade plus précoce, aider le patient et son entourage à anticiper les choses.

Pour ma part, je sais que j’ai beaucoup plus souvent agi en situation de crise d’urgence où on ne parlait même plus de repérage et où quand j’interagissais avec le patient je savais qu’il était déjà gravement atteint d’une démence.

C’est appréciable de savoir que maintenant certaines situations ou attitudes vont m’interpeler et que, si j’arrive à les déceler, je vais pouvoir accompagner mes patients et leur famille plus tôt.

Je comprends que certains médecins généralistes puissent ne pas se sentir directement concernés par cette thématique en fonction de l’âge moyen de leur patientèle mais j’espère que le repérage précoce des troubles cognitifs sera valorisé car cela ne concerne justement pas que les patients âgés !

En tant que médecin de garde je ne suis pas forcément la plus directement concernée par ce sujet mais désormais même si un patient vient en consultation pour un tout autre sujet et que je détecte des symptômes, je peux aborder le sujet avec lui, sensibiliser ses proches et mettre en marche une réflexion et c’est déjà un pas en avant.

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