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L’hypnose : une nouvelle façon de penser les soins

3 questions à … Sandrine, Infirmière Diplômée d’État au SMUR, dont le service intègre progressivement la pratique de l’hypnose au cours de leurs interventions.

Quelles ont été les raisons qui vous ont amenées à pratiquer l’hypnoanalgésie ?

Dans le cadre d’un projet interne, notre service, composé de médecins et d’infirmiers, a eu la possibilité d’être formé à la communication thérapeutique. Cette formation a été fédératrice et a permis une continuité vers un second projet : être formé en hypnoanalgésie afin de posséder un nouvel outil dans l’approche de la douleur du patient.

Pour ma part, j’avais déjà pu bénéficier, au sein de Panacéa, d’une formation sur 3 jours d’initiation à l’hypnose. Depuis, je suis convaincue que l’hypnose a une vraie place à prendre en extra-hospitalier. Le patient, lorsque l’on arrive, est souvent dans un état de transe négative, lié à un fort stress, de l’angoisse, une douleur. Grâce à l’hypnose, on va très rapidement pouvoir modifier cet état et l’amener vers une transe hypnotique qui va diminuer son stress, sa douleur, améliorer son ressenti sur sa prise en charge et l’amener à une adhésion au soin. Une vraie valeur ajoutée dans la qualité du soin délivré qui permet assez souvent de diminuer les besoins en antalgiques.

Suite à votre formation, quels changements avez-vous opéré ?

Nous n’avons pas encore instauré de procédure dans le service : nombreux à être formés en communication thérapeutique mais encore peu à être formés en hypnoanalgésie. Mais déjà une modification et une remise en questions se sont opérées sur notre façon d’aborder le patient.

Les choses doivent se modifier en douceur, il ne faut absolument rien imposer. La valeur de la relation avec le patient constitue l’une des composantes essentielles de la qualité du soin, l’hypnose recentre le soin, la relation d’aide prend une dimension nouvelle avec cet outil.

Nous pouvons constater une diminution de l’anxiété, de l’angoisse et par répercussion du ressenti de la douleur. Le confort du patient peut être réellement amélioré ainsi que son adhésion au soin par ses techniques. Sur intervention, cela peut changer l’atmosphère générale de la prise en charge, la satisfaction du patient étant notre meilleure récompense.

Avec le recul et l’expérience, pouvez-vous évaluer les apports bénéfiques de l’hypnose ?

C’est un très bon bénéfice qui permet de recentrer la relation soignant-soigné, on est dans la bienveillance. Le retour des patients est toujours très positif, il se crée des liens intenses sur un temps pourtant bref : lors d’un accouchement à domicile, une crise d’angoisse, sur un accident de la voie publique autant de situations où on va pouvoir accompagner notre patient.

Cela nous malmène au départ, on s’aperçoit que notre mode de communication est très mimétique, on prononce un nombre de phrases toutes faites sans réaliser leurs impacts sur le patient : « je vous pique », « ne bougez pas », « ça va être froid », « ça va faire mal »…. C’est un vrai exercice sémantique, une gymnastique intellectuelle, on repense nos mots, notre façon de parler, nos intonations.

Parfois on doute du succès de nos transes mais étonnamment le ressenti du patient est souvent très différent de ce qu’on peut interpréter. On prend un réel plaisir dans le soin avec l’hypnose. Après avoir été formé, on a envie de continuer à se perfectionner à pousser plus loin nos connaissances.

À découvrir : Richard, IDE au SMUR 91, partage son expérience de l’hypnose en situations d’urgence.